Histoire et Patrimoine

A l’origine Mont de Guiard, Montgeard a été fondé en 1317 par Guy GUIARD sénéchal de Toulouse (représentant le roi) et Hugues PEYTAVIN, seigneur de Nailloux, sous le règne de Philippe V Le Long.

Montgeard est une BASTIDE ROYALE du XIVème siècle. Une Bastide au XIIIème et XIVème siècle, c’est une ville nouvelle destinée à la mise en valeur économique et au peuplement d’un pays.

  • Le plan en est géométrique, quadrillé, avec des moulons réguliers bien ordonnés.
  • La halle, autrefois en bois, est environnée de couverts ou arcades pour les étals des marchands.
  • L’église n’est pas ici au centre, mais à l’est, séparée du cimetière par le fossé
  • Les services assurant la subsistance comprennent, à l’extérieur 4 ou 5 moulins à vent et, à l’intérieur le four banal.
  • Le château est environné par ses dépendances : ferme, grenier, parc, échauguettes
  • Les défenses sont assurées par la ceinture des fossés, les portes et les tours.
  • Le Barry est le faubourg bâti hors du cœur de la cité, il traduit l’extension du bourg au XVIème siècle.

Les 50 articles de la Charte de Coutume de juillet 1318 précisent les conditions de vie dans la nouvelle Bastide.

Avant la Bastide, un texte de 1218 nous indique l’existence d’un peuplement au cœur de la forêt d’Artiz à l’emplacement (ou très proche) de Montgeard. Autour d’une église (ou chapelle) nommée Notre Dame des Cabanes. « Cabana » en occitan désigne une installation rustique où l’on fabriquait du fromage. Il est donc fortement probable que les premiers Montgeardins avaient une activité pastorale. Les gros défrichements ne commenceront qu’un siècle après au moment de la construction de la Bastide.

L’église actuelle est commencée en 1522, son plan primitif comprend le chœur et trois travées. Grâce à des dons d’Arnaud Du Faget (1533) et de Jacques Durand (1535) elle est augmentée d’une quatrième travée dysimetrique et de la tour du clocher. Les travaux s’achèvent en 1561.

  • Les voutes gothiques à liernes et tiercerons comprennent des clés historiées, ainsi que de nombreux motifs rappelant par leurs formes et leurs couleurs les voûtes peintes de Cordes et de la cathédrale Sainte Cécile d’Albi. D’où le nom de petit Albi attribué parfois à Montgeard et qui s’applique plutôt à son église.
  • Les chapelles abritent les sépultures des famille de marchands pasteliers : Arnaud Du Faget, Jacques Caussidières, Pierre de Gagnac et Bernard Durand.
  • Le bénitier de marbre blanc a été sculpté en 1516 à Pise pour l’église de Montgeard.
  • Les quatre albâtres Anglais XIV – XVème siècle faisaient partie d’un ensemble plus important, beaucoup ont disparu. (Une famille a fait don à la mairie d’un fragment de l’un deux).
  • L’art profane côtoie l’art sacré, l’une des quatre gargouilles de la tour de l’église représente une faunesse parturiente.

Au XVème et XVIème siècle, âge d’or du Pastel, la famille Durand édifie un ample château avec une haute tour.

Ce château, sorti indemne de la période révolutionnaire, était qualifié lors d’un inventaire de « merveille de la Renaissance ».

En 1840, le dernier des Durand – sans doute par besoin – fait démolir la tour de 220 marches en pierre et vends les matériaux.

En 1850 le château est cédé à une dizaine de personnes qui continuent la démolition et vendent les matériaux. On en retrouve dans beaucoup de maisons du village voire des villages voisins. Par la suite, la démolition est stoppée et la plus grande partie du château devient le presbytère. Vendu par la mairie dans les années 1970, son nouveau propriétaire achète les parties manquantes et reconstitue ainsi la bâtisse d’origine (en tous cas ce qu’il en reste).

Malgré toutes ces péripéties, le château conserve aujourd’hui (entre autre):

  • Des fenêtres à meneaux avec diablotins et marmousets, des caves et une salle voutée avec clé et culs de lampes
  • Des cheminées en brique de style Toulousain marquées du blason aux deux aigles aux ailes déployées et aux cerfs passant à gauche, timbrés de trois étoiles.
  • Une peinture de grande dimension (5.6 m x 3.7 m) représentant la « Tentation de Saint Antoine » d’après une eau forte de Jacques Callot de 1634.

L’ensemble du château et de ses dépendances, de l’église avec sa tour carrée, de la ceinture des douves remplies d’eau a longtemps donné à Montgeard l’allure d’une Bastide forte.

Pourtant, la tour du clocher, bien qu’elle soit imposante n’a rien de fortifié. Les mâchicoulis sont décoratifs, les créneaux ont été construits lors d’une rénovation (après 1899) et il n’y a aucune trace de grille ou de dispositif qui aurait été de nature à condamner l’entrée de l’édifice.

En fait cette tour devait supporter une flèche qui se serait élancé vers le ciel, à l’image par exemple de celle de BELMONT SUR RANCE dans l’Aveyron. La pointe y domine de ses 76 mètres l’entrée d’un porche comparable à celui de Montgeard.

Le clocher est donc ici un ouvrage inachevé, les travaux furent hélas définitivement arrêtés par les guerres de religion et aussi par la fin des richesses dues au commerce du Pastel.

Texte rédigé par André Roou

 

       

Patrimoine

Le château :

chateauCe château fut construit par la famille Durand et terminé en 1555, à l’âge d’or du pastel. Il fut partiellement détruit et démantelé au XIXe siècle. Depuis 1983, sa restauration est en cours ; elle concerne des fenêtres à meneaux avec diablotins et marmousets, des caves et une salle voûtée, des cheminées en briques marquées de blasons.

L’église :

egliseL’Eglise du XVI° siècle est commencée en 1522. Son plan primitif comprend le chœur et trois travées. Grâce aux dons d’Arnaud du Faget (1533) et de Jacques Durand (1535), elle est augmentée de la quatrième travée et de la tour carrée ; elle est achevée en 1561. Les voûtes gothiques, à liernes et tiercerons, comprennent des clés historiées ainsi que de nombreux motifs rappelant, par leurs formes et leurs couleurs, les voûtes peintes d’Albi et de Cordes. L’art profane côtoie l’art sacré : l’une des quatre gargouilles de la tour de l’église représente une « faunesse parturiante ».

Le moulin d’en bas :

moulinEn 1788, Montgeard comptait cinq moulins à vent dont le Moulin d’en bas, le seul qui subsiste actuellement. Ce moulin à vent, à deux meules, a fonctionné pendant plus d’un siècle et n’était plus entretenu depuis 1925. Il a été restauré par la famille Calvet en 2004.

 

L’échauguette :

echauguetteAu-delà de l’ancien fossé, fut construit au XVIIe siècle un nouvel hôtel. Les vastes terrassements qui servaient d’assise à cette maison et aux bâtiments d’exploitation sont soutenus par un grand mur de briques qui a été sinon bâti, du moins refait, en 1769 ainsi que l’indique en son milieu une pierre portant cette date. A l’angle inférieur de l’étroit passage qui donne accès à l’entrée se dresse une échauguette en encorbellement pourvue de bouches à feu. Cet élément de fortification qui faisait partie primitivement d’un jardin dépendant du château des Durand, est mentionné dès l’année 1593. Il date des guerres de religion.