Visiter Montgeard

montgeard vue generale

montgeard map

Montgeard est une commune de 479 habitants (Référence INSEE 2014)

Le village de Montgeard fait partie du canton de Nailloux. Il est situé en pays Lauragais à 35 km au sud-est de Toulouse. Il culmine à 280 mètres d'altitude. Sa superficie est d'environ 930 hectares.

La commune est traversée par trois routes départementales (la RD 19, la RD 11 et la RD 25) et par l’autoroute A66 permettant ainsi aux Montgeardins de se rendre à Toulouse en trente minutes. Le territoire communal est essentiellement occupé par des champs et est traversé par deux cours d’eau : La Thésauque et la Hyse. Le lac de la Thésauque constitue un véritable espace de détente avec notamment son sentier de randonnée périphérique qui permet de découvrir l’ensemble du plan d’eau sur un parcours de 6 kms.

 cliquez ici pour une visiter les rues de notre village !

 

l'Architecture Montgeardine

André Roou, ancien Maire de Montgeard, nous décrit avec passion et érudition le caractère de l'architecture et  quelques règles de respect.

moulinMontgeard, village coup de coeur! Oui, notre village plaît ! Dans sa catégorie, il est i'un des plus remarquables du département. I I compte à la fois de beaux monuments, église, château, moulin (photo ci-contre), belles maisons ... et un site cohérent, une bastide du XIVème qui a conservé sa tramne originelle et son architecture.

Pourtant, il ne faut pas grand chose pour gâcher cette harmonie. Choisir de vivre ici impose le respect des lieux. On vient ou on reste parce que c'est beau, en contrepartie on doit faire des efforts pour que ça le reste. C'est en quelque sorte une dette envers notre cadre de vie. Difficile à expliquer dans un monde où I'on invoque de plus en plus sa liberté individuelle. « L'extérieur de sa maison appartient aux autres », sage réflexion qui fait le constat que plus que nous-mêmes, ce sont les autres qui « profitent » le plus de nos extérieurs. Une verrue peut tout gâcher ou dévaloriser un bien voisin, une rue, un quartier.

Alors les règlements, toujours les règlements allez-vous dire ... Dans mon propos, j'en fais abstraction avec tout de même la volonté d'essayer de justifier leur existence, même s'ils sont souvent trop lourds.

Ici je fais juste appel à l'observation, au savoir regarder, avoir des yeux et y voir ! Ce qui n'est pas toujours Ie cas, surtout quand on ne prends pas le temps du regard.

Je me souviens d'un Architecte des Bâtiments de France, que j'avais invité à Montgeard, pour essayer de comprendre certaines de ses exigences. Il m'a dit simplement ceci : « Montgeard a une architecture terre ». Cela veut dire, des volumes trapus, des matériaux mats, des sections importantes de poutres, de poteaux de souches de cheminées ... en rapport avec les constructions dans lesquelles elles sont intégrées.

Et pour les teintes ? Regardez la terre. m'a -t-il dit les couleurs sont là. Il parlait bien sûr des ocres dans leur déclinaison. A partir de là, et pourvu que I'on soit sensible au respect des lieux, je pense qu'il est possible de « sentir » le possible et le proscrit, l'acceptable et le défendu.

paysage

Les couleurs

Pour les enduits, les ocres, regardez un charnp labouré et choisissez sur cette palette. Il existe aujourd'hui des enduits industriels à base de chaux qui conviennent très bien. Si l'on connaît un bon maçon qui sait mélanger la terre de sienne, la chaux et le sable pour obtenir ces coloris, c'est encore mieux. Mais il faut surtout arriver à la bonne teinte. L'aspect aussi est primordial. Le gratté me paraît supérieur pour la nuance. Attention au taloché. suivant celui qui taloche, il peut être beaucoup plus clair au fînal à cause de la laitance de chaux qui remonte à la surface. Le projeté gros et l'écrasé sont interdits.

Le plus périlleux pour les façades, c'est la peinture. fi est difficile d'obtenir de la nuance avec les peintures facadesindustrielles et elles vieillissent mal. L'idéal, ce sont les badigeons à la chaux qui se patinent avec le temps et qui, contrairement à une idée reçue, résistent bien au temps. La difiiculté, c'est de trouver un professionnel qualifié pour leur mise en æuvre. Pour les menuiseries, la palette proposée consiste en une douzaine de nuance de gris, gris bleu. gris vert... du plus clair au plus foncé. Le critère essentiel, c'est la douceur de ces teintes. Sur nos façades les couleurs vives, hurlent ! La maison ressemble à un personnage trop fardé !

Les couleurs trop claires, trop vives sont à proscrire, le blanc surtout est interdit. Montgeard n'est pas Casablanca. Regardez une de ces maisons blanches ou trop claires, malheureusement trop nombreuses sur nos coteaux. EIle hurle et dérange la tranquillité ambiante de nos paysages. La beauté d'une construction, c'est d'abord son insertion dans un site. On n'arrive pas avec un projet tout fait. on le conçoit en fonction du terrain que i'on acquiert et de son environnement.

Les Volumes

Ils sont simples. Ici, pas de tours, pas de maisons en V, pas de toitures en pointe, pas de chiens assis, pas de verrières démesurées Le plus classique, un bâtiment bas et long, bien "accroché" au sol avec une toiture à deux pentes. Quand le terrain est trop pentu, ce qui est souvent le cas, des bâtiments sur le même principe, mais avec des toitures décalées pour permettre à ces differents volumes de « suivre » la pente. Un peu plus cornplexe mais toujours sur le même principe, des volumes de largeurs differentes juxtaposés. pouvant aller jusqu'à des maisons en forme de "L". Toutes ces possibilité d'agencement permettent suffisamment de variantes pour « choisir » sa maison tout en l'adaptant au lieu.

Les toitures sont à deux pentes avec une inclinaison de 30 à 35%. Elles peuvent être à 3 ou 4 pentes pour s'adapter. En particulier dans les angles de voies, pour offrir plus de douceur aux façades sur rues.

toitLa couverture en tuile canal. Si on a la chance de pouvoir conserver les anciennes "en chapeau" surtout lors des rénovations. c'est l'idéal. En "courant" on pose alors des neuves à talons, sur liteaux. les risques de gouttières sont infimes surtout si l'on "crochette" aussi les chapeaux (avec des crochets métalliques).

Aujourd'hui, beaucoup de constructions utilisent des tuiles mécaniques qui font à la fois chapeau et courant. Bien que n'ayant un si bel etfet, elles sont autorisées à Montgeard en dehors d'un certain périmètre. Il faut utiliser les rnodèles genre DC 10 ou DC 12. C'est à dire 10 à 12 tuiles au m2. On retrouve à peu près l'ondulation de la tuile canal qui demande 22 à 24 tuiles par m2. Choisir les plus courbes possibles, certaines sont vraiment trop plates et le relief du toit s'en ressent. Pour les teintes, de gros progrès ont été faits, choisir les dégradés de rose rouge, type « vieilli toulousain". Ne plus utiliser les dégradés d'ocre brun type Provençal qui étaient les seuls disponibles il y a quelques années. Les tuiles romanes (petites ondulations) sont interdites.

Les Ouvertures

ouverturesLà encore, regarder l'existant sur les maisons anciennes. Les ouvertures sont plus hautes que larges. Il y a une symétrie dans la distribution. Éviter les fenêtres décalées sur une même façade, si les dimensions sont differentes, aligner toujours le haut ou le bas sur les ouvertures voisines. Soigner les façades les plus visibles, côté rue en principe mais tenir compte aussi des angles de visions lointains. Un détail peut choquer sur une vision lointaine et perturber l'équilibre du site. Certaines façades, peu visibles peuvent admettre moins de rigueur. Les ouvertures sont soulignées par un bandeau tout autour. Traditionnellement, il s'agissait le plus colombagesouvent des montants, linteaux et appuis en briques foraines, parfois associées à du bois au niveau des linteaux. Plus rarement du bois seul (souvent associé au colombage).

Mais il peut s'agir sirnplement d'un bandeau plus ctair qui contraste avec l'enduit de la façade, souligne l'ouverture et rompt la monotonie. Quand c'est possible, essayer aussi de souligner les ouvertures supérieures avec une corniche en brique foraine. Toujours pour combattre l'austérité, adoucir et enrichir les façades un peu hautes, on peut créer des petites ouvertures de grenier en forme de losange ou de rectangle. Le cadre est alors constitué par des briques foraines sur champ. Ces ouvertures peuvent aussi être rondes et sont alors délimitées par un décor en terre cuite, on en refait qui sont identiques aux traditionnels.

Les volets sont en bois. Si possible préferer les planches inégales et non biseautées. Restez sobre dans le choix barraudagedes ferrures. Même sobriété pour les grilles de fenêtre, les portails... Choisir un barreaudage droit, pas (ou très peu) ouvragé.

Voila  quelques idées pour sensibiliser aux enjeux et donner envie d'apporter sa pierre à l'édifice. Ce texte n'est pas un catalogue et n'a qu'une valeur indicative. Il ne dispense en aucun cas de se rapprocher de la mairie pour connaître les autorisations nécessaires avant de commencer les travaux.

André Roou